Ndongo Lô , 14 ans déjà, l'absent le plus présent

16 - Janvier - 2019

Ndongo Lô , 14 ans déjà, l'absent le plus présent La célèbre assertion de Birago Diop, « les morts ne sont pas morts », trouve toute sa pertinence dans la vie et l’œuvre du défunt artiste Ndongo Lo Niang. En effet l’artiste à la voix de rossignol qui s’est éteint à la fleur de l’âge, malgré son bref passage dans ce bas monde et sa courte carrière d’artiste, reste encore et plus que jamais célèbre. Et l’on est tenté de se demander ce qui dans la vie de l’artiste, lui a conféré ce statut.

En revisitant ses œuvres, on se rend compte que la qualité de son travail et la pertinence des thèmes qu’il a abordés, qui sont plus que jamais d’actualité. Et l’artiste est devenu du coup, une référence pour bon nombre de jeunes bien que ne faisant plus partie de ce monde. En jetant un coup d’œil même furtif sur ce qui se passe sur la scène musicale, l’on se rend compte que l’artiste continue encore d’inspirer beaucoupde jeunes . On remarque que beaucoup font du Ndongo Lo sans Ndongo Lo . Si c’est pas le look vestimentaire, ce sont les textes. Cet originaire de la banlieue est l’un des premiers à assumer sa pikinitè ; dès ses débuts déjà, il chante sa ville natale à travers un tube qui l’a propulsé au-devant de la scène . Ndongo en chantant sa mère et son marabout serigne Fallilou Mbackè, a fait savoir à qui voulait l’entendre que ce sont là les êtres auxquels il tenait le plus.

Les nombreuses et diverses versions de la chanson Galass en disent long sur son attachement au Cheikh. En nous intéressant de près aux œuvres de l’enfant de Pikine, l’on se demande comment en si peu de temps un jeune de son âge a -t-il su mettre à la disposition des mélomanes, une discographie aussi riche. Et si beaucoup d’artistes à sa suite ont assumé avec fierté leurs origines et leur appartenance à la banlieue, c’est en partie, grâce à lui. Le dernier album qu’il a mis sur le marché à quelques jours de sa disparition, en dit long sur le talent de ce jeune et on ne peut que donner raison au chroniqueur qui, sur un plateau de télévision, affirme que le dernier album de Ndongo Lo est de loin, le meilleur de tous les temps. Sa maîtrise de la langue wolof et ses qualités de grand orateur qui, selon moi ,aurait quelque chose à voir avec ses origines griottes d’abord mais aussi de petit-fils de Sidy Fall, qui avec feu Abdoulaye Niang, chantait les louanges de Mame Cheikh Ahmadou Bamba, font de lui un artiste pas comme les autres.

Avant de boucler la boucle, le pikinois décida de solder ses comptes avec ses amis et tous ceux qui lui ont donné un coup de main dans la vie (Petit Mbaye, Papa Diop, ses amis d’enfance.. Djily, Cheikh Bèye, Papa Thiam, Ndiamè, Momar Guèye…), mais aussi avec ses détracteurs qui n’ont rien trouvé de plus beau, que tirer à boulets rouges sur un serviteur qui se trouvait entre le marteau de la maladie et l’enclume de l’envie de servir ses fans. A ses détracteurs, il décida de pardonner car affirma–t-il du haut du podium du Ravin, « sama papa dafnima Ndongo lo mani Niang munima wèdi du ragaal setaal sa deerla. Kuu munul yaax daay wax lu gnaw. booleen di deglu doo deem waanlèn guinaw reek deem. Yeen gni ma beug di xulo gudi ak becek yeen laay waxal buleen di xulo buleen di xeex ndax yonentbi maka la judo wayè wotewufa ndax noon… » . Pour lui, le temps pressait et l’urgence du moment était moins de se livrer à une polémique stérile ou une séance d’explications que de servir aux milliers de gens qui l’aimaient, des produits consommables. Pour lui l’urgence était de laisser aux Sénégalais, un héritage qui servirait de livre de chevet à tout un chacun. Les œuvres posthumes (Fataliku demb, Sey ou encore Borom ndindi) de par le niveau de discours ou par la beauté des textes, en disent long sur le caractère spécial du défunt artiste. Ce qui est à retenir en dernière analyse, sera une assertion de lui-même: « ndanan buu danno jefja du nul ndax netaliga », donc tout artiste ou mieux toute personne où qu’elle puisse être, doit jouer pleinement sa partition pour qu’ultérieurement, quand il ne sera plus de ce monde, qu’on puisse revisiter ses œuvres avec fierté.

Le cas précis de Ndongo nous pousse à donner raison à Jean Cocteau qui affirmait: « le vrai tombeau des morts, c’est le cœur des vivants ». L’artiste sera à jamais dans nos cœurs. Qu’il repose en paix fatiha + 11likhlass.

Malick Sakho (Bergamo, Italie)

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